Accessibilité : Okeenea habille les hôtels chics

Interview de Martin Rochon, vice-président du groupe Okeenea



Comment rendre accessible un hôtel sans rogner sur l’esthétique ? Laissez vos a priori au placard et suivez Martin Rochon, associé et vice-président d’Okeenea. L’entreprise propose du mobilier urbain et intérieur destiné à améliorer l’accessibilité d’un lieu, avec un bureau spécialement destiné à l’hôtellerie, qui s’adapte aux besoins et exigences du secteur.


Rédigé par Rédaction Hotel&lodgePRO le Mardi 18 Décembre 2018


Okeenea a travaillé pour l'hôtel Carlton Lyon - crédit photo : Okeenea
Okeenea a travaillé pour l'hôtel Carlton Lyon - crédit photo : Okeenea
Nous avons interviewé Martin Rochon, vice-président d'Eo Guidage du groupe Okeenea. Son expertise de l'hôtellerie, des réglementations et des usages lui permettent de s'investir en priorité sur ce segment. Il participe en outre à la commission P96-A à l'AFNOR en charge de l'accessibilité et qualité d'usage dans l'environnement bâti.

Hotel&Lodge PRO : Pourriez-vous nous présenter Okeenea ? Martin Rochon :

Nous proposons des solutions d’accessibilité depuis 25 ans. Notre mission est de répondre à la réglementation française qui, depuis 2005, dit que tout propriétaire se doit d‘être accessible à tous.

Nous apportons des solutions à la fois pratique et – autant que possible, esthétiques : il ne s’agit pas de mettre une prothèse sur un bâtiment mais de l’intégrer sans être visible, et fondre le handicap dans le monde des valides.

Nous sommes une PME de 60 personnes, avec un bureau à Paris et un à Lyon, spécialisé notamment dans l’hôtellerie.

Hotel&Lodge PRO : Une branche dont vous vous occupez spécifiquement ? Martin Rochon :

On se positionne comme expert des travaux en hôtellerie. Sur les 8 millions de chiffre d’affaires d’Okeenea, 1,5 millions sont dévolues à l’hôtellerie, et nous aurons 40 chantiers cette année.

Je viens de ce monde, j’ai fait un BEP cuisine, un bac gestion hôtelière, j’ai travaillé chez Bocuse et en réception au sein du groupe Accor : je connais les besoins et obligations du secteur, et je fais en sorte de rendre nos équipes flexibles, notamment en termes d’horaires.

De ce fait, je comprends les problématiques de la clientèle notamment en terme de design et je connais le quotidien et les impératifs du secteur.

Hotel&Lodge PRO : Quels sont les besoins spécifiques en hôtellerie ? Martin Rochon :

La sécurisation des escaliers. Il y a beaucoup de verticalité dans un hôtel, il faut penser aux marches, mais aussi aux mains courantes à prolonger sur le palier, à la sécurisation des cheminement… C’est le travail principal dans l’hôtellerie.

Le tout en respectant l’existant, notamment lorsqu’il s’agit de bâtiments anciens, voire classés. Nous ne laissons rien au hasard.

Hotel&Lodge PRO : Quels sont les impératifs dans ces cas-là ? Martin Rochon :

Tout d’abord, le design. Lorsqu’il s’agit d’hôtellerie de luxe, il y a un standing à tenir.

Nous demandons au client son cahier des charges et on s’intègre, on prolonge on s’adapte, on travaille sur les matières déjà présentes ; comme l’inox et l’acier brossé au Sofitel de La Défense. Au Carlton de Lyon il y a une main courante d’époque.
Nous avons fait appel à des compagnons du devoir expert du laiton pour reprendre les mêmes patines : c’est presque de la restauration.

Hotel&Lodge PRO : En dehors du design, quels autres impératifs prenez-vous en compte ? Martin Rochon :

Nous sommes en lien permanent avec la direction et le responsable technique, et notre planning est transparent. Nous calquons notre fonctionnement sur celui de nos clients. Il faut pouvoir se replier et être flexible, revenir plus tard, être adaptable. Dans l’univers du luxe, c’est une priorité.

Nous pouvons pré-découper en atelier et simplement fait les collages sur place, pour éviter le bruit, ou utiliser une plage horaire 10h/17h, qui convient mieux à leurs contraintes.

Au Grand Hôtel de Cabourg où nous serons entre le 25 janvier et le 7 février 2019, période relativement creuse pour l’établissement. Nous aurons à peine deux semaines pour travailler vite et bien : à nous de nous adapter.

Hotel&Lodge PRO : Outre les hôteliers de luxe, êtes-vous présents auprès d’une clientèle plus large ? Martin Rochon :

Notre expertise nous rend particulièrement adaptée à l’hôtellerie de luxe : intégration des problématiques design et adaptabilité… Nous travaillons avec une quinzaine de 4 ou 5* mais aussi des lieux tels que le Bon Marché, la Fondation Louis Vuitton ou le Philarmonique de Paris. Ce qui ne nous empêche pas de fournir des équipements à des 2* ou moins et de proposer des solutions adaptées à leur budget.

Au delà de l’hôtellerie, nous sommes présents dans le mobilier urbain, sur des marchés publics, essentiellement en France même si nous faisons de l’accompagnement à l’international.

Enfin, en tant qu’expert sur les réglementations, je participe activement aux commissions AFNOR sur la thématique « accessibilité ».

Hotel&Lodge PRO : Quels sont les prochains chantiers en route en hôtellerie ? Martin Rochon :

Nous serons au Grand Hôtel de Cabourg en début d’année 2019. C’est un projet important car ça n’est pas n’importe quel établissement, il fait parti de notre histoire, c’est l’hôtel de Proust tout de même. Nous installerons un atelier éphémère pour travailler sur site, et devront faire particulièrement attention aux tapisseries.

Il y aura aussi le Pullman de Toulouse en janvier, et l’Ibis près de l’hôtel Arena à Bercy, sur lequel sera effectué tout un travail avec un street artiste.

Hotel&Lodge PRO : Outre la législation, pourquoi un hôtel devrait se mettre en conformité ; quels sont les arguments que vous mettez en avant ? Martin Rochon :

En se coupant des personnes handicapées, un établissement se coupe d’au moins 20% de son public potentiel. Au moins, car l’accessibilité, c’est utile aussi quand on se casse une jambe au ski, ou qu’on ne parle pas la langue, quand on a une poussette ou qu’on se fait vieux… C’est utile à tous.

D’autant qu’aujourd’hui, les personnes handicapées ne veulent plus recevoir de traitement « à part » : les aménagements doivent être là pour tous.

L’image du handicap n’est pas très sexy ? Pensez à Ray Charles, Jamel Debbouze, ou à Beyoncé enceinte qui tweet votre établissement pour applaudir les facilités qu’il offre, et vous aurez une image bien différente du handicap.

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