Aglaé : quand la science illumine la décoration florale

Un sérum biodégradable pour rendre les plantes luminescentes



Depuis 2 ans, la start-up française Aglaé illumine les décorations de lobbys ou les événements avec des fleurs rendues luminescentes grâce à un serum sans danger pour la plante. De ma magie ? Non, de la science, qui porte la jeune entreprise de plus en plus haut, vitesse grand V.


Rédigé par le Mercredi 10 Avril 2019


Le design floral rendu luminescent grâce à un serum biodegradable - crédit photo : Aglaé
Le design floral rendu luminescent grâce à un serum biodegradable - crédit photo : Aglaé
On se croirait dans le futur, et peut-être y sommes-nous déjà : la start-up Aglaé illumine le végétal comme par magie. Un spectacle qui fait son effet auprès d'une clientèle déjà conquise par la décoration florale version jour.

« Nous avons créé un sérum que la plante absorbe et qui la rend sensible à la lumière noire. Il est biodégradable donc ne l'abîmera pas : la décoration florale de jour reste inchangé, mais la luminescence se révèle quand la pièce s’assombrit » explique Sophie Hombert, fondatrice d’Aglaé.

Née en 2016, l'entreprise de design végétal luminescent a le vent en poupe et a déjà été plusieurs fois récompensée.

C'était le cas récemment, puisque Sophie Hombert est lauréate de l'édition 2019 des Technology Playmaker Awards organisés par Booking.com, dans la catégorie Tech Innovator ("innovatrice technologique").

Organiser des scénographies florales

«La domestication du végétal », tel était le sujet de mémoire de Sophie Hombert en école de design, qui traite du végétal et notre rapport avec le vivant.

A croire qu'elle semait déjà les graines de ce qu'allait être Aglaé quelques années plus tard.

« Je voulais passer du concept au concret, et mélanger la science au créatif, casser les murs entre les domaines » explique-t-elle. Et c'est très exactement ce que fait Aglaé

L'offre est clé en main et sur-mesure, à partir d'environ 1500€. La scénographie est imaginé en fonction de la thématique de l'événement, l'agencement des lieux et des possibilités. « Récemment, nous nous sommes inspirées des univers de dessins-animés où le floral est très présent pour imaginer une création végétale lumineuse à Disneyland Paris explique Sophie Hombert. Nous avons créé un monde tropical, onirique avec des jardinières et des plantes qui en tombent »

Après la conception, l'équipe installe sur site et transforme, en donnant à boire le sérum et en tenant compte du temps d’absorption.

« Récemment, nous nous sommes inspirées d'Alice au pays des merveilles pour imaginer une création végétale lumineuse à Disneyland Paris explique Sophie Hombert. Nous avons créé un monde tropical, onirique avec des jardinières et des plantes qui en tombent »

Le sérum est adapté à 97% des fleurs, notamment à celles qui ont des pétales claires car les nervures ressortent avec la transparence et magnifient le spectacle ajoute Sophie Hombert. Pour les végétaux, ce sont les fougères et les plantes tropicales les plus adaptées, mais 60% des végétaux y sont réceptifs.

Comme le sérum est éthique et ne touche pas à la génétique, la luminescence n'est pas éternelle.

La couleur se fixe jusqu'à la régénération du végétal : l'objectif est de faire en sorte que sur les plantes en racine, l'effet dure 3 à 6 mois, c'est à dire tout un cycle de floraison ; une fois administré sur les plantes coupées, il fonctionne jusqu'à la mort de la fleur.

Les fleurs luminescentes d'Aglaé

Rentable un an après sa création

L'équipe de 4 personnes est composée de deux scientifiques (docteur en chimie et une biologiste) et de deux designer scénographes. S'ajoute une 5ème personne, qui s'occupe de la partie stratégie.

En pleine croissance, et après à peine 2 ans d'existence, Aglaé n'a pas peur de l'avenir ; d'ailleurs l'entreprise est rentable depuis 1 an.

« On s'y retrouve grâce au concours explique Sophie Hombert, mais c'est surtout notre modèle économique qui est très rentable : on dépense peu au global, ce qui coûte le plus ce sont les compétences humaines mais la technologie, elle, est accessible »]i.

Pour assurer son développement, la start-up s'appuie aussi sur l'incubateur Paris Descartes à Marne-la-Vallée.

Le pôle labo nourrit le catalogue et créé des protocoles rigoureux, la pôle événementiel s'attèle à la création avec des partenaires freelance, et des fleuristes qui travaillent avec elles sur le terrain.

Le bouche à oreille fonctionne, mais les concours aident, se réjouit la fondatrice d'Aglaé : « Booking nous sert pour nouer des partenariats avec l'hôtellerie. Nous sommes présents plutôt sur des établissements haut de gamme où la patte du designer peut ajouter quelque chose de spécial. »

Des ambitions marquées

Après l’événementiel, l'heure est à la diversification.

Particulièrement adaptés à l'hôtellerie, au bar ou à la restauration, Aglaé sort des premiers panneaux acoustiques végétaux luminescent autour de la mousse et du lichen, des tableaux à grande échelle qui amènent de la lumière tamisée ou couvre les espaces trop bruyant.

Les plantes d'intérieur sont parmi les sujets de recherches sur lesquels travaille l'entreprise, pour créer des ambiances de manière plus pérenne. L'orchidée est particulièrement adapté et la jeune start-up voudrait la proposer au monde hôtelier pour jouer sur le clair obscur. Pour l'instant, le sérum se diffuse par capillarité via la tige, le prochain défi est d'arriver à le faire tenir en le diffusant par les racines.

La start-up a aussi imaginé un soliflores pour les chambres - crédit photo : Aglaé
La start-up a aussi imaginé un soliflores pour les chambres - crédit photo : Aglaé
Pour les chambres, la start-up a aussi déjà imaginé des soliflores qui diffusent une lumière noire, créant grâce au sérum fluorescent une veilleuse naturelle.

Prochaine étape : la stabilisation éternelle, une fleur coupée qui ne fane jamais. « Nous sommes en cours de signature avec un producteur français spécialiste de la stabilisation végétale (là encore, naturelle) pour créer la possibilité d'avoir une fleur coupée fluorescente qui peut durer des années. L'idée est de créer une nouvelle gamme et mélanger ce procédé à notre sérum pour stabiliser la plante ».

Et comme l'avenir ne cesse de sourire à Aglaé, la société voit loin, très loin. « Au début, je pensais petit, mais tout devient accessible, le R&D fonctionne bien donc ça créé une dynamique » s'enthousiasme Sophie Hombert.

Aglaé envisage la végétalisation luminescente comme une solution d'éclairage extérieur. Un usage privé, oui... Mais c'est à l'espace public que s'attaque désormais Aglaé, qui veut développer sa solution pour créer un éclairage urbain de manière plus éthique et moins coûteuse que les lampadaires électriques. Une idée utopiste ? Non : l'équipe pense pouvoir commercialiser son projet « d'ici 6 mois 1 an pour que ce soit pérenne. En tout cas c'est une question de mois », et se dirige tranquillement vers l'infini et au-delà !

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Juliette PIC
Si mon cœur balance entre Paris et Marseille, j’ai posé mes valises au sein du groupe TourMaG... En savoir plus sur cet auteur

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