BioFootWear : des pantoufles biodégradables, c'est le pied !

Des chaussons et équipements hôteliers 100% végétal et biodégradable



Les chaussons jetables que vous laissez à disposition de la clientèle dans les chambres sont des cadeaux empoisonnés. Agréable, certes, mais très néfaste pour l'environnement. L'entreprise marseillaise BioFootWear vous propose une alternative 100% végétale, made in Europe et esthétiques... Et qui sentent bon la campagne. Si si, on a testé : ça sent bon la campagne.


Rédigé par le Vendredi 5 Avril 2019


BioFootWear propose des chaussons végétaux, doux et biodégradables - crédit photo : BioFootWear® Company
BioFootWear propose des chaussons végétaux, doux et biodégradables - crédit photo : BioFootWear® Company
Pas toujours simple de contenter la clientèle.

Elle attend du bien-être, des petites attentions, de la transparence et une expérience originale.

Pas toujours simple… Mais pas toujours compliqué non plus : BioFootWear, par exemple, pourrait bien cocher toutes les cases en un seul produit.

Cette entreprise marseillaise, née en 2013 créé des chaussons jetables à disposition dans les chambres, on a le bien-être et la petite attention.

Le petit (gros) truc en plus de BioFootWear, c’est de proposer un chausson bio-sourcé, entièrement végétal, 100% biodégradable, testé en labo et labellisé.

Question transparence, voilà de quoi satisfaire une clientèle de plus en plus consciente de son empreinte sur le monde.

Et puisque le tout ne serait pas complet sans l’expérience, sachez que l’invention de BioFootWear, distribué sous la marque Odonate (famille des libellules en latin) est le seul chausson biodégradable sur le marché, qu’il est plus bien plus joli que le chausson classique et qu’en plus, si, c’est vrai : on sent l’odeur des fibres végétales qui le composent.

Le voyageur n’en attendait pas tant.

"Une boule de pétrole"

Au départ, Philippe Aguad, directeur de BioFootWear, n'avait pas grand chose à voir avec l'hôtellerie.

"J'étais dans la distribution de chaussures, depuis toujours. La plupart sont compliqué à recycler car elles comportent beaucoup de matériaux différents" explique-t-il.

"Le pire étant les tongs, de vraies boules de pétrole que tout le monde porte l'été sur les plages". Marseillais, il en voit passer un certain nombre et décide de faire des recherches en plastique bio.

"J'avais besoin de compenser, de faire quelque chose de plus propre et de plus sain". Un produit simple d'apparence mais complexe à mettre en place. Il décide d'axer ses recherche sur des semelles à base de canne à sucre, mais le produit est compliqué à porter.

L'idée s'imposera toute seule : voyageant beaucoup, Philippe Aguad s'interroge sur ces pantoufles d'hôtel, qu'il retrouve à chaque fois dans sa chambre, en cadeau de bienvenue, mais qui sont toutes (90% de la production en tout cas) en polyester et fabriquées en Chine ou en Turquie.

C'est la naissance de BioFootWear, créé il y a 6 ans sur fonds propres et avec l'aide de subventions pour l'aspect recherche et développement.

100% d'origine végétal

Pour remplacer ce cadeau traditionnel, qui est distribué par millions dans tous les hôtels, BioFootWear propose il y a 6 ans un premier modèle de pantoufles 100% d'origine végétale.

Le premier chausson est fabriqué en fibre de bambou et mousse 100% végétale et biodégradable. En outre, Odonate est entièrement bio-sourcée : connaissance de la provenance de la matière première, et testé scientifiquement en laboratoire indépendant.

Pour la semelle, l'idée de la semelle en canne à sucre est recyclée. Problème : il n'est pas antidérapant. Qu'à cela ne tienne, elle est désormais remplacée par de la fibre de bois.

Aujourd'hui, BioFootWear utilise aussi du lin de Normandie, et diversifie, avec des collections différentes : des chaussons ouverts ou fermés, blanches ou à motif... Bref, la pantoufle n'est pas qu'un pretexte pour fabriquer quelque chose d'entièrement végétal, mais un vrai accessoire esthétique : "Je viens de la mode, j'avais besoin que ce soit joli, avec des impressions, une jolie poche pour les ranger..."

Pour éviter l'empreinte carbone, la fabrication est faite en Europe, au Portugal, dans une petite usine de 7 personnes. Le reste de l'équipe, à Marseille, compte 3 personnes. Une entreprise à taille humaine, donc.

Crédit Photo : BioFootWear® Company
Crédit Photo : BioFootWear® Company
Ce qui est valable pour les pantoufles est duplicable ailleurs.

Outre les chaussons offerts aux clients, la marque s'attaque aujourd'hui à d'autres marchés textiles dans l'hôtellerie.

Ainsi, BioFootWear fabrique des sacs à linge en bambou en matériau bio-sourcé sur lesquels il est possible d'imprimer le logo. Un gros marché quand on sait que les sacs actuels sont au mieux en coton ou polyesther, lavable, avec un coût économique en eau non négligeable, au pire en plastique, avec une utilisation unique.

"Le nôtre aussi sera jeté, à terme, mais dans la mesure où il est biodégradable, il n'a aucun impact, à terme, c'est de l'eau" explique le fondateur de la marque.

Une gamme de nappes et serviettes vient d'être réalisée. Là encore, 100% végétale et donc 100% biodégradable ; là encore bio-sourcé. Comme pour les autres produits, les tissus sont non-tissés, en bambou. "C'est un beau produit, avec de beaux ourlets et de belles finitions" se félicite-t-il.

La marque travaille aussi la fibre de bois (provenant de forets d'élevage européennes) pour développer une activité autour de la table de massage, pour remplacer le papier classiquement utilisé.

BioFootWear ne se donne aucune limite : tout ce qui est synthétique, tout ce qui est à usage unique peut être remplacé par un produit d'origine végétale.

Une clientèle internationale

On s'attendrait à ce que la clientèle soit en priorité des chaînes eco-responsables ? Étonnamment, non. "ça n'est pas une nécessité donc ils s'en passe, ou bien préfère investir ailleurs et donner des pantoufles moins cher en polyester. Je n'ai encore aucun client issu de l'hôtellerie se réclamant d'une démarche durable" indique Philippe Aguad.

BioFootWear est distribué par Chateauform, "un de nos premiers clients, présent sur une cinquantaine de point de vente". La marque travaille avec des distributeurs et en direct avec des hôteliers indépendants ou des chaînes hôtelières ; en tout 120 à 150 clients pour le moment.

Seul sur le marché à proposer des chaussons "éphémères" puisque 100% biodégradables, BioFootWear distribue quelques 20 000 pièces / mois à ses clients.

La concurrence chinoise ou turque, "C'est un peu David contre Goliath" d'autant que les prix pratiqués sont 1 fois et demie plus cher que ceux des pantoufles classiques, mais la qualité est là, l'esthétique aussi, et la démarche écologique proposée au client ajoute le truc en plus.

Mais la marque avance : dans un secteur sans frontières il y a de la place pour tout le monde. Avec un nouveau contrat en cours de signature en Nouvelle Zélande et en Australie, BioFootWear agrandit son réseau, qui comptait déjà la France, l'Espagne, le Portugal et le Danemark.
Crédit Photo : BioFootWear® Company
Crédit Photo : BioFootWear® Company

Passer la vitesse supérieure

Cette année, l'entreprise Marseillaise a reçu le label Ecorismo, qui a "pour vocation de reconnaître et de mettre en valeur des fournisseurs offrant des produits ou des services favorisant le développement durable dans les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, du camping, de la restauration et pour les collectivités territoriales".

L'un des prochains défis de BioFootWear, c'est de faire connaître Odonate du grand public, dont le pouvoir d'influence est grand. "Souvent, le client est curieux de la nouveauté, il peut jouer le rôle d’intermédiaire et convaincre le client final de notre démarche" insiste Philippe Aguad.

D'ici 6 mois, la marque devrait proposer une gamme de pantoufles éphémère de voyage en vente auprès des particuliers.

Avant cela, la prochaine étape est d'aller plus loin dans l'industrialisation, sans perdre de vue l'aspect familiale de l'entreprise, garder cette équipe soudée et fidèle "et rester en Europe, c'est important pour nous", ne serait-ce que pour réguler l'empreinte carbone.

"L'idée n'est pas de devenir une grosse machine, explique Philippe Aguad, mais de se donner les moyens pour qu'à terme on puisse faire baisser le prix de revient".

BioFootWear investit donc dans un nouveau matériel, plus performant, financé sur fonds propre au départ, et pourquoi pas faire appel à des investisseurs... Pour peu qu'ils aient une vraie démarche, condition sine qua none pour intégrer l'aventure et faire un bout de chemin en chausson biodégradable !

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Juliette PIC
Si mon cœur balance entre Paris et Marseille, j’ai posé mes valises au sein du groupe TourMaG... En savoir plus sur cet auteur

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