Gîtes de France : J’ai testé une chambre d’hôte dans un clocher à Marseille

Et le concept de staycation du même coup



On a souvent une image de Gîtes de France ancrée dans la ruralité. Et c’est vrai que le plus souvent, c’est le cas. Pour autant depuis 2010, l’association s’intéresse aux citybreaks, ces vacances urbaines, où l’on reste un week-end ou un peu plus pour visiter la ville. Restant dans ma ville, j’en ai profité pour tester une journée de staycation, ou : le tourisme chez soi.


Rédigé par Rédaction Hotel&lodgePRO le Lundi 27 Mai 2019


Une sieste sous le figuier dans le BNB Vieux Port Panier à Marseille - crédit photo HLP_JP
Une sieste sous le figuier dans le BNB Vieux Port Panier à Marseille - crédit photo HLP_JP
Je dois l’avouer. Les Gîtes, j’adore ça. On se sent à la fois à la maison et ailleurs, c’est plus chaleureux qu’un hôtel et surtout, en général, il y a le charme qui va avec.

Hier – dimanche 26 mai 2019 et jusqu’aujourd’hui dans la matinée, j’ai donc été reçue au BNB Vieux Port Panier par Béatrice et Mathias Cimino, qui vivent aux pieds du Panier, le plus vieux quartier de Marseille, et dans un des plus vieux clochers, le clocher des Accoules, connu de tout les Marseillais qui pourtant ignorent que c’est une habitation – et donc, un gîte.

Le staycation made in Marseille

Je dis « connu de tous les Marseillais » en connaissance de cause, en étant une moi-même (personne n’est parfait). Allant tester un gîte à Marseille, j’en ai profité pour tester, à l’insu de mon plein gré, le concept de Staycation.

Qu’est-ce que quoi donc ? Hormis une start-up qui en a fait son nom (et propose des séjours dans des hôtels 4 et 5* à Paris spécifiquement pour les Parisiens), il s’agit tout bêtement de vacances chez soi, dans sa ville.

J’adore me balader en ville, quand j’habitais à Paris (et ça a duré 15 ans quand même), j’allais souvent me promener, un guide à la main (un en papier, pas un vrai) pour découvrir les coins insolites que, finalement, on laisse souvent aux touristes. J’ai donc fait des staycations à l’insu de mon plein gré.

Et puis l’idée qui titille mon âme d’écolo : bye bye, empreinte carbone, je suis venue à pied. Être curieux de chez soi et faire vivre l’économie locale, c’est peut-être l’un des territoires que le tourisme devra investir.

Je ne découvre ni le soleil, ni le vieux port, ni le Panier, et je ne peux qu’imaginer ce que cela doit être, pour un touriste lambda. J’imagine qu’étant là plusieurs jours, bien sûr, je me serais fait un programme d’enfer pour parcourir la ville… Mais le soir de mon arrivée, clairement, je serais allée sentir mon quartier.

Plus de photos ici : Album Photo Hotel&LodgePro / BNB Vieux Port Panier

C’est donc ce que j’ai fait. Je suis allée me balader dans le panier, au gré de mes envies du moment, j’ai oublié que je connaissais le quartier et me suis perdue dans les petites rues. Je suis allée boire un verre dans l’un de ces petits bars de quartier où je ne m’arrête jamais puisque précisément, ça n’est pas mon quartier et j’ai vu ma ville autrement, avec un regard tout neuf. Même l’accent marseillais sonnait « typique » et « authentique ».

Promis juré la semaine prochaine, je me fais une autre balade insolite à Marseille.


Le plus vieux clocher du plus vieux quartier de Marseille

Mais revenons à nos moutons. Avant de lever le nez et sentir le Panier, il a bien fallu que je dépose mes bagages quelque part, et c’est au BNB Vieux Port Panier.

Les propriétaires, Béatrice et Mathias Cimino m’ouvrent par la montée des Accoules. Accolée au clocher, la montée est l’escalier qui ouvre l’entrée dans le Panier. Ça commence bien, le touriste entre directement dans l’histoire de la ville, et ça ne fait que commencer.

On rentre dans le clocher, et on se balade dans des murs qui nous racontent l’histoire de la ville depuis le XIe siècle.


Dormir dans un monument historique - crédit photo : HLP_JP
Dormir dans un monument historique - crédit photo : HLP_JP
On retrouve les classiques de Marseille : un peu de destruction, un peu de reconstruction, un peu de récup’, une destruction pour non-soutien à la Révolution, reconstruite quelques décennies plus tard pendant la monarchie de Juillet et au milieu des gravas, qui viennent d’au-dessus, de la rue et d’amoncellement de ce qui y a été balancé pendant un siècle et que les propriétaires, arrivée il y a 6 ans, on mit 9 mois à vider.

Symboliquement, travailler 9 mois pour accoucher d’un bel espace qui sert de salle à manger l’hiver ou d’espace de conférence et réunion, avec tout le confort moderne (y compris une cuisine professionnelle et des rétroprojecteurs), ça a de la gueule.

Au fil de la visite, les propriétaires, passionnés, oscillent entre l’histoire des travaux et leurs choix de déco, et anecdotes sur les lieux, comme l’histoire de ce curé qui a cédé à la chair et fut tué pour sorcellerie (il ensorcelait ses « victimes », bah tiens…).

Le clocher, accolé aux chambres, sonne les heures et ça participe à l’impression d’être transporté ailleurs (un peu comme à Istanbul… les mosquées du quartier).

On continue la visite pour atteindre finalement le jardin, plus haut puisque le quartier du panier et une colline à lui tout seul.

C’est un jardin extraordinaire

Et le jardin, on y resterait toute la journée.

Le touriste devrait se prendre une journée pour rester. C’est pas pour commander, comme dirait mon neveu mais moi, si j’étais le touriste, je prendrais un long petit dej, et la matinée à feuilleter mon bouquin sur le fauteuil géant en bois. En début d’après-midi, une sieste dans le fond sous le figuier, se lever mollement et essayer de jouer aux boules quelque part ici ou là. Et pour finir, l’apéro autour de la grande table jusqu’à ce qu’on lève les yeux, et qu’on s’aperçoive qu’il fait déjà nuit et que les petites ampoules multicolores se sont allumées.

C’est d’ailleurs plus ou moins ce que j’ai fait, un petit apéro sur le joli banc près de l’abricotier, avec un livre, les pieds nus, profitant de la douceur de ce court séjour dans un jardin secret.

un aspect du jardin - crédit photo : HLP_JP
un aspect du jardin - crédit photo : HLP_JP
Je pourrais passer la journée sans quitter ce jardin bien agréable, qui fleure bon le partage avec ses différentes tables disséminées ici ou là et son petit air, comme on dit aujourd’hui, « hippie chic » mais que moi j’aurais tendance à appeler chaleureux, coloré, vivant et généreux.

Parce que « hippie chic » c’est quand une grande chaîne essaie de reproduire un jardin bal musette de bric et de broc avec un décorateur d’intérieur.

Ici point de décorateur, on ne reproduit rien, on s’amuse, et on est à la maison alors pourquoi faire semblant, on est qui on est semblent dire Béatrice et Mathias, les propriétaires.

Profiter aussi de l’intérieur

Bienvenue dans ma chambre ! - crédit photo : HLP_JP
Bienvenue dans ma chambre ! - crédit photo : HLP_JP
Béatrice (« madame Bon Coin » pour les intimes) a chiné ici ou là 1001 trésors, dont cette collection de coussins à l’effigie de Frida Kahlo ou ramenés de Thaïlande.

Et c’est valable pour tout. Il y a les porte-manteaux qui ressemblent à des crucifix alors que non, et qui viennent du Portugal, il y a le lustre, les petits meubles d’angles, les luminaires, et Mickey et Jésus, qui font un très joli couple sur l’escalier.

Le gîte compte des appartements à la décoration design contemporain et soigné dont un de 8 couchages, rachetés au fil de l’eau et dont les fenêtres donnent sur le jardin. On y accède depuis le couloir commun qui dessert aussi le voisinage, par de grands escaliers majestueux en tomettes.

Il ya a aussi deux chambres (2 et 3 couchages) en accès direct sur le jardin.

J’ai dormi là, dans celle que j’appellerai la chambre bleue. Ça n’est pas celle décorée de clins d’œil rappelant l’histoire ecclésiastique des lieux, qui semble avoir été presque creusée dans les vieilles pierres, et qui donne l’impression de dormir dans l’église, caché… Mais c’est celle que je préfère, car elle est lumineuse, et concentre ce que j’aime de la Méditerranée : un sol de charme, coloré et bordélique et du blanc, de la clarté, pour nous soulager de la lourdeur du soleil.


le petit dejeuner à l'ombre de l'abricotier - crédit photo : HLP_JP
le petit dejeuner à l'ombre de l'abricotier - crédit photo : HLP_JP
Les voyageurs de passage au BNB Vieux Port Panier peuvent tous profiter du fameux jardin, dans lequel est servi le petit déjeuner, avec gâteaux et yaourt fait maison, jus d’orange frais, et les classiques du genre.

On y est bien, on discute, ou pas, selon qu’on ait envie, ou pas, bref : comme chez soi, dans la maison de famille, quand on ne se lève pas tous en même temps, qu’on émerge pas tous de la même manière, et qu’on respire l’air du matin, déjà un peu chaud et qui présage d’une belle journée presque estivale de cette fin mai en Provence, où il ne manque que les cigales.


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