J’ai testé l’huile d’eau de mer au spa thalasso de Forte village Resort (Sardaigne)

Une expérience aux frontières du réel



Aujourd’hui, le critère numéro 1 du voyageur c’est l’expérience. Ne reculant devant aucun sacrifice, j’ai décidé de me dévouer pour vous. C’est carrément du journalisme total. Je suis donc allée au bord de la Méditerranée, tester les bassins d’eau de mer et le massage signature du Forte Village Resort.


Rédigé par le Vendredi 10 Mai 2019


En descendant vers la pointe sud de la Sardaigne, le Forte Village Resort propose 1001 activités parmi lesquelles, comme il se doit, un spa, voire un centre de thalassothérapie.

Le spa du resort – Acquaforte – dispose de 6 bassins d’eau de mer à divers degrés de salinité et certains soins sont délivrés par des thalassothérapeutes, ce qui lui confère un statut un peu différent du simple spa « wellness ».

Il n’empêche, ça reste du bien-être, l’un des secteurs les plus porteurs et les plus demandés par les voyageurs en mal de détente, dont je suis.

Les saunas, les hammams, les spas, les jets d’eaux, tout ça, a priori ça augure de quelque chose d’intéressant. Mais entre le fantasme qu’on nous propose et la réalité il y a souvent un monde.

Met de l’huile

Le premier bassin : « huile de mer ». Même si mes cours de bio sont loin, a priori, point d’huile dans l’eau.

En vrai, m’explique la jeune femme qui me guide dans les dédales de l’Aquaforte, l’huile provient du dépôt dû à la cristallisation du sel sur la roche (si j’ai bien tout compris). Dont acte. Donc ça existe et en plus c’est plein de bonnes choses et notamment, de magnesium (anti-inflammatoire) et une salinité à fond les ballons.

A regarder en tout cas, c’est pas glorieux. Une eau brunâtre, et d’autant moins alléchante que le bassin est moitié couvert, moitié extérieur : le petit vent d’avril y dépose des feuilles et brindilles qui donne au bassin de faux airs de marécage.

Allez, j’en ai vu d’autres me dis-je, tout en me rappelant qu’un bain de boue non plus, c’est pas ragoutant… Et pourtant.

Je me lance.

C’est chaud (l’eau est à 37 / 38°c), c’est agréable et si au début on est décontenancé par l’apesanteur (le sel), ça devient rapidement très très apaisant.


D’abord une sensation d’être dans l’espace. On a peu à peu l’impression de se transformer en bois flotté. Les quelques feuilles qui gênaient tout à l’heure deviennent nos sœurs-végétales.. On est bien tintin.


Chaud - Froid

10mn passées, il est temps de changer de bassin. Je quitte mon petit nuage pour me rendre dans le deuxième bassin… Et en passant je vois ce petit bout de cheminement.

Des marches qui descendent dans l’eau chaude avant de remonter dans l’eau froide, et une rampe.

Dis comme ça on dirait un parcours de maison de retraite. Mon accompagnatrice m’explique qu’il faut le faire 6 fois et qu’au bout de 2 fois elle ne sait déjà plus où elle habite.

« Petite joueuse, me dis-je. Toi, t’as jamais fait un sauna en Suède, avec baignade dans la Baltique entre 2 séances de suée à 70°c ».

Me voilà gonflée d’orgueil !

L’eau chaude est chaude, bon. Je remonte les marches pour faire de même côté froid. Aouch. Ok. L’eau froide est bien froide quand même. Mais même pas peur.

Deuxième tour. Ça passe. Troisième tour. Bon ça va bien là, l’ascenseur émotionnel. Quatrième tour. Je me surprends à penser « allez, j’ai fait la moitié ». Cinquième tour. Bien gérer sa respiration. Sixième tour « ah AH, je t’ai vaincu, petit parcours traître ». Je fais un septième tour, pour me prouver que même pas mal, d’abord.

La mer morte en méditerranée

C’est au tour du deuxième bain, tout aussi chaud que le premier, et à peine moins salée. Sa densité est tout de même celle de la mer morte, ce qui n’est pas négligeable.

Décoré de jarres remplies de sels, on est bien sur le pourtour méditerranéen, et ça participe à l’atmosphère douce et reposante.
Malheureusement en avril le petit plus que j’aurais adoré tester n’était pas encore installé : l’aromathérapie / phytothérapie.

Car ce bassin-là, en pleine saison, est aromatisé à la menthe (énergisant et antidouleur) et l’Aloé-Vera (cicatrisant et anti-inflammatoire).

La production d’endorphines s’accroît, les muscles se relâchent, les tensions disparaissent, la circulation du sang s’intensifie, le tout ayant une action détoxifiante… En deux temps trois mouvements, revoilà à l’état de zenitude et de sérénité du premier bassin. Wow. C’est donc comme ça, dans la tête d’un moine bouddhiste.

Mais déjà, mes 10mn de cocon de chaleur sont épuisées, je dois me résoudre à partir, sans regret : je sais que je reviens dans 20mn.

La fille de la pub de shampoing

Deux salles, deux ambiances. Je sors de la douceur pour rejoindre une atmosphère plus dynamique de bains bouillonnants. L’eau a baissé, elle est autour des 36°c ; ça reste bien chaud quand même.

Dans ce bassin, on passe d’un jet sur les jambes à l’autre. Classique, mais néanmoins très agréable. Ça détend les muscles, ça stimule la circulation, et ça fait du bien là où ça fait mal… Comme aux pieds, quand on s’est promené à Cagliari toute la matinée sans s’arrêter de trottiner une minute. Je ronronne (presque) (l’esprit y est en tout cas).

Au loin, une cascade. Oui. Une. Cascade. J’y vais en m’imaginant déjà dans une pub Ush… de shampoing, entourée d’une nature luxuriante, aux pieds d’une cascade naturelle celle-ci, me lavant les cheveux (sans polluer, parce qu’on aime la nature chez U... Heu… Les vendeurs de shampoings) et secouant la tête avec grâce, mes cheveux longs bougeant au ralenti.

La réalité est parfois cruelle. Ma grâce toute relative tient plus de la baleine échouée qui ferait le dos rond pour que le puissant jet d’eau dénoue les nerfs « un peu plus à droite… Oui là voilà… ».

Adieu, mama marocaine du hammam entre Barbès et la Chapelle qui nous tord dans tous les sens sans façon, la cascade d’eau de mer de l’Aquaforte Forte Village Sardaigne te surpasse.

Le massage signature

Mais il est l’heure. Je sors et me rend dans le bassin précédent, pour tester le soin signature, un massage élaboré ici qui depuis a fait des petits.

Mon thalassothérapeute arrive, il me pose quelques questions sur mon état de santé, ce que j’ai fait aujourd’hui, évalue tout ça et c’est partie.

Dans l’eau, tout est au ralenti. On se sent bien, revoilà les endorphines qui nous apaisent en un rien de temps, et les mouvements du massage s'adaptent à chacun, c'est du sur-mesure. Il y va fort, mais dans l'eau je ne sens absolument rien. Là tout de suite, j’ai l’impression (plutôt agréable) d’être cette espèce de pâte de sirop de sucre que le cuisinier travaille pour son sucre soufflé. Et que je t’étire dans un sens, et que je t’allonge dans un autre…

Et puis petit à petit, l’eau fait son œuvre, et la position fœtale dans laquelle il nous place de temps à autre aussi : de caramel mou, je passe à une sensation de sérénité in utero. Je ne rigole pas. (Et je précise : ils ne distribuent aucune drogue hallucinogène).

On est si bien. Et puis ça s’arrête, on revient à la réalité. Le thalassothérapeute nous demande comment ça s’est passé, ce qu’on a ressenti, et explique qu’il se cale sur nos tensions. « Chaque massage est différent, me dit-il. C’est le corps et l’eau qui font tout, je ne fais que suivre le mouvement ». Peut-être, là je suis dans un autre monde et je veux juste rester là.

Je fini par sortir. Je vais me changer. Je me sens molle mais c’est bien. Une douche plus tard, je déguste une petite boisson gingembre citron énergisante pour revenir sur terre, dans une atmosphère cotonneuse, en me disant que j’y retournerais bien.

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Juliette PIC
Si mon cœur balance entre Paris et Marseille, j’ai posé mes valises au sein du groupe TourMaG... En savoir plus sur cet auteur

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