La montagne, nouvel Eldorado du Club Med

Focus sur les Arcs Panorama, ouvert en décembre 2018



Le Club Med mise sur la montagne. Avec une ouverture par an dans les Alpes, ouverts en été comme en hiver et d’autres prévues à l’étranger, les constructions se multiplient. Comment maintenir une continuité tout en affirmant l’identité de chaque espace ? Thierry Fourniret, directeur adjoint des constructions, architecture et design nous explique les bases de réflexion architecturales.


Rédigé par le Vendredi 1 Mars 2019


Les resorts montagne Club Med - crédit photo : Club Med
Les resorts montagne Club Med - crédit photo : Club Med
Il aura fallu 18 mois pour faire sortir de terre le géant Les Arcs Panorama, l’un des plus grands resorts du monde, ciglé Club Med.

« C’est grosso modo la durée pour la plupart de nos projets en montagne des 10 dernières années, explique Thierry Fourniret, directeur adjoint des constructions, architecture et design.

La construction se cale sur les saisons : les travaux débutent en avril dès la fonte des neiges, la structure est construite avant l’automne, avec pour objectif de pouvoir couvrir et chauffer le chantier l’hiver et créer le second œuvre et la décoration au printemps.

Dès la fin de l’été, les chefs de villages et responsable techniques peuvent prendre possession des lieux et créé leurs équipes, anticiper l’opérationnel et accueillir les contrôles de sécurité en amont de l’arrivée de la clientèle ».

Intégrer l’architecture à l’environnement local

En montagne peut-être plus qu’ailleurs, les clients recherchent une expérience « nature et authentique ». Les constructions développées par le Club Med s’intègrent à la fois à l’urbanisme local et au contexte naturel.

La station des Arcs a été créé avec une volonté très moderniste. Il a donc fallu s’adapter à l’architecture globale mais en ajoutant des codes plus contemporains, notamment via l’utilisation du béton, du métal et du verre, avec le bois comme clin d’œil qui rappelle la destination.

A chaque destination ses spécificités urbanistiques. « A Valmorel, c’est l’effet village qui comptait, il a fallu qu’on perçoive le bloc comme une succession de bâtiment. A Val Thorens, nous avons décidé de créer la jonction entre le centre-ville et ses traditionnels chalets, et la périphérie, plus contemporaine. Pour la Rosière, qui ouvrira en décembre 2020, nous nous sommes inspirés du bois, de la pierre et des ardoises des toitures caractéristiques de la station ».

Outre le lien avec l’architecture, il y a le lien avec l’environnement. « Dans le cas précis des Arcs Panorama, il a fallu prendre en compte les courbes naturelles du terrain, très pentu et compact. Sans dépasser le faîte des arbres, nous avons créer 18 niveaux en déstructurant les volumes via des balcons, terrasses, décrochés des bâtiments… »

L’architecture locale, la prise en compte du paysage, et surtout l'adaptation à la pente se retrouvent partout. « Ne serait-ce que pour des raisons logistiques : Nous devons nous positionner à la bonne altitude pour recevoir un flot de clients qui partent skis aux pieds, mais aussi des marchandises, des employés qui font des allers et venues ».

A l’intérieur : unité, fluidité et polyvalence

Une fois les murs posés, on passe à l’intérieur. Si l’architecture intérieure et la décoration sont imaginés en dialogue avec l’architecture, elle prend aussi en compte l’environnement.

« Au Arcs, où la forêt nous enveloppe, on a voulu retranscrire les codes de l’enchantement de la forêt via des matériaux mais aussi des perspectives, et des éléments de la faune et la flore locales ».

Pour chaque projet, les différentes zones sont designées avec un impératif : facilité le déplacement de la clientèle et des opérationnels.

Pour des questions à la fois pratiques et esthétiques, l’unité de lieu est primordiale : si grand soit l’espace, comme c’est le cas aux Arcs, le parcours client doit être simple. « Entre la chambre et la skiroom, on passe par le restaurant, où on mange son petit déjeuner, et par le kids club, où il déposera son enfant avant d’aller sur les pistes : tout est optimisé et fluide ».

Même chose pour l’espace bien-être, pensé comme un hub wellness avec un dégagement de la vue et une terrasse gigantesque pour jouir du panorama : on passe de la séance de sport ou de la piscine à l’extérieur.

« D’ailleurs la connexion entre l’espace intérieur et extérieur est partout, ajoute Thierry Fourniret : l’été, en rentrant de randonnée, on passe directement par la terrasse pour entrer dans la zone bar ».

Vrai aussi l’hiver, où des plaids sont disponibles pour profiter de la terrasse. Une polyvalence importante pour une destination très marquée par la saisonnalité, comme la skiroom, qui accueille les VTT l’été.

« La station de Val Thorens est la seule à ne pas avoir été pensé comme ça puisqu’elle est inactive en été mais m’intégralité de nos resorts montagne sont pensé en bi-saisonnalité, et ça passe notamment par la gestion des éclairages et de la lumière pour mettre en valeur l’atmosphère selon le moment ».

Enfin, les espaces communs (bar lounge, restaurants…) doivent pouvoir accueillir jusqu’à 1000 personnes, tout en gardant un aspect « cosi » quand, comme c’est le cas en fin de soirée, il ne reste qu’une cinquantaine de personne sur place.

« Il faut alors jouer sur la segmentation. Pour éviter de percevoir un seul grand espace, on jongle avec les clostra, la décoration, les écrans… On peut aussi s’appuyer sur le mobilier, via l’orientation ou la permutation des dossiers pour articuler le lieu autrement, c’est un très gros travail de décoration ».

S’adapter à toutes les cultures

Entre l’architecture et le design intérieur, une continuité : rappeler l’environnement et la destination montagne. Oui mais laquelle ? Celle qu’imagine un Américain ou celle que veut voir un Chinois ? « En montagne, toutes destinations confondues, nos clients principaux sont les français, les anglais et les brésiliens. Chacun a son idée de la montagne, il n’est pas possible de s’adapter à tous. Nous introduisons des codes locaux mais l’idée est surtout de raconter une histoire ».

D’autant que l’installation de Club Med ne s’arrête pas en France, mais développe son concept montagne à l’international.

Dans les Alpes, le Club Med s’installe en Italie et prospecte en Autriche… Mais il exporte aussi ses resorts montagne au Japon depuis 2 ans, en Chine, où un 3e projet est à l’étude (après Yabuli et Beidahu), en Corée du Sud, et, dès décembre 2020 dans le massif de Charlevoix (Canada).

« Bien sûr, chaque culture a ses spécificités. Il y a une cohérence dans l’offre Club Med, ensuite il faut inclure les adaptations par destination. C’est structurellement le même produit, mais quand on est au Canada, on est résolument au Canada. Quand on est en Chine on répond aux attentes du public Chinois en matière de confort, de service, de buffet… »

Pour inclure du multiculturalisme sans dénaturer les codes et l’esprit Club Med, le groupe s’appuie sur une identité forte : « le cœur du produit est simple : convivialité, expérience all inclusive, orientation famille »

Le digital est aussi un marqueur sur lequel Club Med s’appuie : Pour créer une atmosphère et une ambiance, l’éclairage s’adapte en fonction de la luminosité, un grand écran led en fonction des décors, et des écrans pour donner les informations sur les animations notamment.

Pour faciliter l’expérience client, Club Med propose aussi des applications pour les checks in et out, et surtout un bracelet digital qui permettra d’ouvrir la porte de la chambre, du casier de la skiroom et surtout de carte de paiement au spa ou au bar.

Des applis qu’on retrouve dans les différents resorts montage, et un fil rouge pour des clients très différents.


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Juliette PIC
Si mon cœur balance entre Paris et Marseille, j’ai posé mes valises au sein du groupe TourMaG... En savoir plus sur cet auteur

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