Label Clef Verte : un argument pour recruter, fidéliser et réduire les coûts... What else ?

Interview de Nathalie Bel Baussant, responsable nationale du label Clef Verte



Le label Clef Verte s’impose de plus en plus dans le paysage hôtelier européen. Mais dans la jungle des labels environnementaux, qu’est ce qui rend celui-ci plus crédible qu’un autre ? Les réponses avec Nathalie Bel Baussant, responsable nationale du label Clef Verte.


Rédigé par Rédaction Hotel&lodgePRO le Lundi 4 Mars 2019


Les établissements labellisés Clef Verte en font de plus en plus souvent un argument de recrutement - Crédit photo : Teragi - facebookClefVerte
Les établissements labellisés Clef Verte en font de plus en plus souvent un argument de recrutement - Crédit photo : Teragi - facebookClefVerte
Changements climatiques, destruction de la faune et la flore par l’utilisation de certains produits chimiques, besoins de transparence et de produits sains…

Nous sommes tous de plus en plus concernés par ces questions - et en demande de réponse.

Hier encore anecdotique, la proportion de professionnels qui s’en préoccupe ne cesse d’augmenter - ne serait-ce que pour répondre aux attentes de la clientèle. Mais passer au bio ou réduire son empreinte n'est pas toujours simple, comment s'y prendre quand on n'y connait rien ?

Le label Clef Verte lançait sa campagne de recrutement il ya quelques semaines. Il s’est donné pour mission de les aider dans leurs efforts et de faire en sorte que le développement durable devienne la norme. Comment ? Nathalie Bel Baussant, responsable nationale du label Clef Verte répond à nos questions.

hlp : C'est quoi, le label Clef Verte ?

Nathalie Bel Baussant : Clef Verte est un label international créé au Danemark en 1994 et arrivé en France en 1998.

Chaque pays adapte les critères comme il veut mais il y a quand même un socle commun : le logo et certains critères qu'on appelle "impératifs".

Nous aidons les hôteliers qui le souhaitent à atteindre les critères en question. Ils auront ensuite un label sérieux et reconnu par les autorités ; c'est par exemple le cas de l'Ademe qui juge le label Clef Verte aussi pertinent que l'écolabel européen.

hlp : Quels sont les critères pour être labellisé ?

Nathalie Bel Baussant : Il y a 120 critères, dont 60 sont les critères internationaux impératifs.
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Ils sont rangés en 7 catégories : politique environnementale, sensibilisation de la clientèle à l'environnement, gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, achats responsables, cadre de vie.

Les 60 autres sont jugés nécessaires ou optionnels. Mais on retrouve plus ou moins les mêmes thématiques, cela va d'investissement dans l'exploitation à la sensibilisation client.

Ces critères sont évolutifs, il peut y avoir des dérogations. Par exemple : tel établissement utilise du papier non recyclé certes, mais qui est fabriqué par un imprimeur qui fait travailler des personnes en situation de handicap, ce qui contrebalance.

C'est un travail compliqué et long, d'où notre rôle de soutien, mais on peut y arriver en travaillant si on en a la volonté.

L'idée n'est pas de rester sur les pionniers mais d'élargir à des profils différents, pour à terme labelliser le plus d'établissements possibles.

Quel est le profil des labellisés ?

Nathalie Bel Baussant : La France est le pays numéro 2 après les Pays-Bas.

Nous avons surtout des labellisés en camping. Il y a une dimension historique : en 1998 nous avons commencé par eux, et nous nous sommes ensuite adaptés à l'hôtellerie au sens large à partir de 2005.

Enfin, nous travaillons à la fois avec des indépendants et des chaînes, et avec l'UMIH.

Il y a une belle couverture géographique, nos labellisés sont un peu partout sur le territoire.

Le label Clef Verte, c'est la carte de France du tourisme : la plus forte proportion de labellisé se trouve logiquement dans les régions les plus touristiques. On retrouve en tête Auvergne Rhône Alpe, l'Occitanie, la Nouvelle Aquitaine et la région Sud. De manière générale on sent un engagement sur le littoral, mais aussi dans les Pyrénées, les Alpes ou le Massif Central.

On peut aussi citer 22 labellisés en Outre-Mer.

L'appel à candidature pour la labellisation 2020 est lancé depuis le 15 janvier !

La campagne de recrutement de futur labellisé a débuté en février et la validation des candidatures sera close le 15 avril 2019.

Une date importante : les demandes étant de plus en plus nombreuses, il ne sera pas possible d'accepter les retardataires !

Cette validation déclenche la visite des audits, qui s'achèvent avant la mi-juillet pour éviter la très haute saison. Il y a ensuite un accompagnement pour améliorer le dossier, qui est présenté fin octobre.

Ensuite, un jury délibère. Il est composé d'une voix de Teragir, d'ATD, du ministère de l'Environnement, de la CCI France, des représentants syndicaux notamment de l'UMIH ou de la fédération Unie des Auberges de Jeunesse... Il y a des membres permanents mais nous souhaitons ouvrir le jury pour que les critères collent à la réalité du terrain.

Cette année, la liste des lauréats a été
dévoilée en janvier 2019 . Elle compte 624 établissements. Parmi eux, 68 nouveaux, dont 2 en Guadeloupe et 2 en Martinique cette année.
La campagne de labellisation 2019 commence ! Vous avez jusqu'au 15 avril 2019 pour candidater.
La campagne de labellisation 2019 commence ! Vous avez jusqu'au 15 avril 2019 pour candidater.

hlp : Qui se charge de vérifier les critères ?

Nathalie Bel Baussant : Chacun peut s'inscrire, les audits sont lancés une fois les inscriptions terminées. Dès qu'un établissement est candidat, il y a une visite.

Dans l'équipe, il y a 2 chargées de mission à l'année et une personne supplémentaire pendant les périodes de rush. Et moi, pour le développement du label et la coordination. Cela fait peu mais c'est pour cela que le tarif du label est accessible.

L'audit est effectué par 4 auditeurs conseil qui auditent aussi pour le Pavillon Bleu mais nous réfléchissons à l'augmenter, parce que le nombre d'établissements candidats est de plus en plus important.

Ils établissent un cahier des charges de ce qu'il faut améliorer pour accéder au label, et accompagne le candidat afin de mettre toutes les chances de son côté.

Les lauréats doivent revalider leur dossier tous les ans, mais nous ne faisons la visite que tous les 3 ans.

hlp : Les non-labellisés peuvent-ils profiter des conseils ?

Nathalie Bel Baussant : Oui et non. Nous répondons évidemment aux questions qui nous sont posées, mais pendant la saison de l'audit nous sommes entièrement concentrés sr les établissements qui candidatent...

Plus de 300 inscrits en 1 an, ça fait déjà beaucoup pour une équipe de 3 personnes : on ne va pas entrer en contact avec des établissements qui ne font pas la démarche de candidater.

En revanche, si un hôtelier souhaite savoir concrètement où il en est sans passer par le label, c'est très faisable.

La grille de critères est en ligne, tout est très transparent sur le site et il est possible de s'autodiagnostiquer gratuitement sur l'espace pro à l'adresse http://pro.laclefverte.org

Celui-ci est très didactique et simple à utiliser. A la fin, l'utilisateur saura quels critères sont à revoir, ce qui peut aider à mettre en place un plan d'action à moyen ou long terme. Il pourra accéder à notre base de données et avoir une liste de bonnes pratiques, pour les aider à se mettre en route.

hlp : L’écologie, c’est cher ?

Nathalie Bel Baussant : Non ! C'est d'ailleurs notre credo, nous voulons battre en brèche cette idée.

L'écologie ça passe par les économies d'énergie et d'eau ; ce qui à terme réduit les dépenses, même s'il faut au préalable investir. Bien sur que cela peut avoir un coût mais au quotidien les économies sont réelles.

L'économie d'énergie, c'est par exemple le remplacement des ampoules, qui seront peut-être plus cher à l'achat mais qui dureront plus et réduirons la note globale d'électricité, ou le passage au double-vitrage, avec là encore une facture moins lourde...

D'ailleurs cet investissement n'est même pas toujours nécessaire, parfois il s'agit simplement de bon sens, des petits gestes. D'où l'importance de la formation du personnel, il y a une dimension éducative dans notre travail.

Nous pouvons leur fournir une blacklist des compositions de produits d'entretien, ou les aider à inclure le bio, tout cela n'est pas forcément cher ni compliqué, ça peut même être ludique, comme chez Pierre&Vacances par exemple, qui fait des affichages sympas sur sa démarche environnementale pour la clientèle.

hlp : Où en sont les pros avec l’environnement

Nathalie Bel Baussant : Il y a une prise de conscience, ça progresse.

C'est souvent porté par les clients, qui sont sensibilisés et en attente. Beaucoup nous disent que c'est positif en terme d'image et de fidélisation. Mais c'est aussi parce qu'ils se rendent compte qu'en effet, passer à un fonctionnement durable réduit les coûts in fine.

On sent une émulation positive :Quand un établissement s'engage et préserve son environnement, se tourne vers le local... C'est une manière de faire indirectement du lobbying qui va interpeler les voisins.

L'un des signes qui ne trompe pas : dans l'hôtellerie et la restauration, on a du mal à recruter, alors pour attirer les candidats, la démarche environnemental devient un argument. Pas mal de labellisés le précise dans leurs offres d'emploi. Et ça joue, pour des questions d'images mais aussi de bien-être au travail, notamment pour la santé du personnel d'entretien.

Nous communiquons beaucoup pour que cela fasse boule de neige, via l'éducation à l'environnement, pour que chacun s'engage. Nous communiquons aussi beaucoup avec les CRT, Atout France, les acteurs locaux... Et puis il y a l'effet d'aubaine, par exemple dans une chaîne, si on constate un engouement dans la structure on propose au groupe de s'engager.

hlp : Et le grand public dans tout ça ?

Nathalie Bel Baussant : Nous souhaitons développer une communication forte autour du label en direction du grand public.

La question se pose à la fois en France et à l'international, il est important d'accroître la popularité du label, pour que la clientèle en tienne compte dans ses choix.

La communication passe par nous, la presse et les réseaux sociaux bien sur mais avant tout, c'est le rôle des établissements. Les labellisés doivent communiquer sur leur démarche auprès de la presse locale mais surtout de leur clientèle.

Mettre en avant leur écolabel via des affichages et sur leur site internet, parler des écogestes ou des produits qu'ils utilisent... Bref, être fier de montrer leur appartenance à ce que nous voyons comme une communauté.

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