Loi alimentation : ce que ça change

10eme semaine de la réduction des déchets



Publié au journal officiel (JO) le 1er novembre 2018, la Loi Alimentation intéresse avant tout les agriculteurs et les cantines scolaires. Mais elle a aussi des implications importantes dans le secteur de l’hôtellerie et la restauration.


Rédigé par le Jeudi 17 Janvier 2019


la loi alimentation a été publié au journal officiel le 1er novembre 2018 - crédit photo : creative commons
la loi alimentation a été publié au journal officiel le 1er novembre 2018 - crédit photo : creative commons
Depuis 10 ans l’Europe organise la semaine de la réduction des déchets. Cette semaine (du 17 au 25 novembre 2018), l’alimentation durable est au cœur des préoccupations.

« Pour répondre aux enjeux de l’alimentation durable, annonce l’Ademe, les sujets du gaspillage, de la diminution et de la réutilisation des emballages et de la conservation des aliments seront notamment abordés ».

D’autant que la « loi pour l’équilibre des relation commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous », dites Loi Egalim ou Alimentation vient d’être publiée au JO, et applicable dès aujourd’hui.

En moyenne, l’Ademe estime (en 2016) que la France a produit 10 millions de tonnes de déchets alimentaires en France, soit 16 milliards d’euros. Elle ajoute que le gâchis alimentaire concernerait 5 fois plus le secteur de la restauration que la grande distribution ou les particuliers.

Des chiffres qui justifient le vote de l’amendement « doggy bag », qui le rend obligatoire, d’ici le 1er janvier 2021.

Des doggy bag, une vraie fausse bonne idée ?

Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, le « doggy bag » semble être une solution simple et efficace. Elle est pourtant largement contestée par l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (l’UMIH), qui estime que si la solution est positive en soit, la rendre obligatoire est une mauvaise décision.

« L’UMIH s’est toujours positionnée en faveur du développement du doggy bag ; elle était d’ailleurs à l’initiative de cette mesure lors de la signature du Pacte contre le gaspillage alimentaire en 2013. Pour autant, cette pratique ne devrait en aucun cas être imposée aux professionnels, pour qui elle représenterait une obligation supplémentaire venant s’ajouter à une liste déjà longue qui pèse sur la profession au quotidien. » estime-t-elle dans un communiqué.

Car, selon l’UMIH, il n’existe pas de « solution universelle au gaspillage », si ce n’est l’information et la sensibilisation des professionnels, puisque le gâchis est d’abord en cuisine, plus que dans l’assiette.

La législation va d’ailleurs dans ce sens, puisqu’elle prévoit aussi que les excédents pourraient être reversés à des associations et banques alimentaires.

Reste que le doggy bag pose d’autres questions, elles aussi liées à la loi Alimentation : quid des emballages cartons plastifiés, non-recyclables ? Des cartons souillés ou des emballages réutilisables en plastique, qui semblent une solution anachronique ?

La fin des plastiques à usage unique

Car le plastique est de plus en plus banni dans le secteur. Après les décisions individuelles des professionnels, la loi impose la fin du plastique à usage unique.

La loi Alimentation a modifié le code de l’environnement. Le titre III de l’article L. 541-10-5 dispose : « Au plus tard le 1er janvier 2020, il est mis fin à la mise à disposition des gobelets, verres et assiettes jetables de cuisine pour la table, pailles, couverts, piques à steak, couvercles à verre jetables, plateaux-repas, pots à glace, saladiers, boîtes et bâtonnets mélangeurs pour boissons en matière plastique, sauf ceux compostables en compostage domestique et constitués, pour tout ou partie, de matières biosourcées ».

La loi impose aussi aux professionnels de la restauration d’adapter leurs « contenants alimentaires de cuisson, de réchauffement et de service », d’ici 2025 pour les cantines scolaires mais on peut s’attendre à un élargissement à tout le secteur. C’est aussi le cas pour les bouteilles en plastiques, interdites dans les écoles, mais la restauration collective devrait naturellement suivre.

Plus de durable, de bio, de local

La loi Alimentation a aussi pour objectif de mettre en avant « des produits bio, équitables et de qualité ». D’ici 2022, les restaurateurs devront travailler 50% de produits locaux, dont 20% de labellisés bio (ou en cours de conversion) ou responsable.

Des choix écologiques, qui s’accompagnent d’une obligation, d’ici 2022 de réaliser « un diagnostic préalable à la démarche de lutte contre le gaspillage alimentaire incluant l’approvisionnement durable ». Une décision qui se rapproche de la position de l’UMIH : réfléchir en amont au gâchis alimentaire, conseiller et former les professionnels.

Lu 37 fois

Juliette PIC
Si mon cœur balance entre Paris et Marseille, j’ai posé mes valises au sein du groupe TourMaG... En savoir plus sur cet auteur

Nouveau commentaire :

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur.

JOINT-VENTURE



  • Logo de TourMaG
  • Logo d'Hotel&Lodge

CONTACT



RECHERCHE