Ultra Bio Ozone : quand des hôteliers écolos inventent des bains nordiques révolutionnaires

0% de produit chimique nécessaire à l’entretien



L'utopie, ça paie ! Deux hôteliers un peu fous et un ingénieux ingénieur ont imaginé Ultra Bio Ozone : un système pour bains nordiques entièrement écologique, avec une eau quasiment potable qui peut rester en place plusieurs semaines.


Rédigé par le Lundi 25 Mars 2019


Bain nordique écologique à Coucoo Grands Cépages - crédit : Ultra Bio Ozone
Bain nordique écologique à Coucoo Grands Cépages - crédit : Ultra Bio Ozone
Gaspard de Moustier et Emmanuel de La Bédoyère sont des passionnés. Par amour de la forêt et totalement par hasard, ils sont devenus hôteliers il y a 10 ans. D’un éco-domaine, ils passent à 4 et baptise le tout Coucoo en 2018.

« Au démarrage, Coucoo c’est une simple cabane, sans eau ni électricité, implantée en pleine forêt avec le soutien des producteurs locaux : une vraie déconnexion » explique Gaspard de Moustier.

Il ajoute : « Il y a 5 ans, nous avons ajouté un peu de confort et, avant la vague du wellness actuelle, nous avons imaginé une vraie expérience de cabane flottante sur un lac, avec un bain nordique sur la terrasse ».

C’est la genèse d’Ultra Bio Ozone.

Hélas, aucune des cuves qu’on leur propose ne répond à la philosophie écologique de leur projet : peu de solution de traitement des eaux mais beaucoup de chlore et plusieurs vidanges par semaine.

Passionnés, innovants et ambitieux, les jeunes entrepreneurs ne s’arrêtent pas là, et décident de se pencher sur un nouveau projet, et imaginer des produits adaptés à Coucoo.

Une petite bombe de technologie

« Il y a un an et demi, je n’y connaissais pas grand-chose et je ne pensais pas devenir pisciniste » s’amuse Gaspard de Moustier.

Et pourtant, par la force des choses, le duo s’est emparé du sujet et a dû apprendre sur le tas, accompagné par John Payage, ingénieur suisse spécialiste et passionné du sujet.

Les 3 amis travaillent à partir d’un système à l’ozone imaginé par John et breveté en Suisse. Au bout de 4 ans et demi, la solution est applicable : une qualité d’eau quasi potable, une maintenance minimale, automatisée à distance, avec pour objectif : 0% de produit chimique.

« Aujourd’hui, on a une vraie petite bombe technologique » se félicite Gaspard de Moustier.
Ladite bombe était destinée à leur propre utilisation d’exploitant hôtelier.

Mais suite à la demande d’autres hôteliers, fatigués de dépenser pour l’entretien - y compris en temps, ils entament la commercialisation.

Comment ça marche ?

Une lampe à UV va créer l’Ozone nécessaire à tuer les bactéries. Le nombre de lampe à UV dépend du débit de l’eau. Ce système inventé par John Payage tient sur 3 briques :

- La filtration de l’eau est environ 50 fois plus fine que pour les bassins classiques. Une plus grande quantité de bactéries est filtrée, ce qui supprime la nécessité de nettoyer tous les jours et réduit les besoins en maintenance.

- Traitée aussi finement, l’eau peut tourner en circuit fermé, ce qui n’est pas négligeable puisqu’une cuve lambda contient environ 3000L d’eau, qui convient de changer très régulièrement ; le système permet de réduire les dépenses en eau.

- Dernière étape : On injecte des microbulles d’ozone qui vont grignoter le biofilm de bactéries qui se forme dans le bassin, et qu’on traite habituellement au chlore et à l’huile de coude.

En traitant l’eau en amont et en aval et en circuit fermé, le système permet d’avoir une eau quasi potable.

Pour autant, et aussi absurde que cela puisse paraître, certains bassins Ultra Bio Ozone continuent d’utiliser du chlore, pour des raisons de réglementation, et la mesure du Ph reste obligatoire.

« Nous travaillons avec le ministère de la Santé pour adapter la loi et différencier bassin collectif ou non. Désormais la réglementation s’assouplie et pour une utilisation privative, la garantie de qualité est à la charge de l’hôtelier » explique l’entrepreneur.

Au-delà du système à l’ozone lui-même, Ultra Bio Ozone a aussi automatisé le remplissage des bassins, à partir d’une certaine limite d’eau (mais aussi la surveillance de la qualité de l’eau, de la température...) et une application est en développement pour avoir accès à distance à l’état de fonctionnement et alerter au moindre problème.

« Il n’y a plus rien à faire que des vérifications occasionnelles » se félicite Gaspard de Moustier.
les bains nordique de Coucoo Grands lacs - Crédit Photo : Ultra Bio Ozone
les bains nordique de Coucoo Grands lacs - Crédit Photo : Ultra Bio Ozone

Des économies importantes

Au-delà de l’intérêt technologique, que les ingénieurs féliciteront sans doute mais que nous autres simples manants ne sommes pas en mesure d’apprécier à sa juste valeur, reste que le système permet des économies non négligeables pour le gérant d’un hôtel.

Pour les cuves, Ultra Bio Ozone dispose de sa propre usine, en Thaïlande, où vit John Payage, et propose donc des prix usines ( par exemple 3500€ pour une cuve en bois).

Le système, lui, peut faire peur puisqu’il faut débourser 15 à 20 000€.

Mais à terme, les économies écologiques se répercutent dans le porte-monnaie :


En ne changeant l’eau qu’une fois tous les 1 à 3 mois, le système permet une énorme économie en eau : c’est écolo, mais c’est aussi une dépense en moins.

En réduisant l’utilisation de produits chimiques, l’établissement réduit le coût global.

Enfin, la chaleur dégagée par le système est réutilisée pour chauffer les bains à 40°, réduisant la facture à moins de 100€ / mois / bain.

Une très bonne année 2018, et de beaux projets

Toute cette jolie machine fonctionne à plein.

En un an et demi, la jeune entreprise a déjà vendu une cinquantaine de systèmes, en plus de celles qu’ils exploitent eux-mêmes.

Une quarantaine pour le moment, mais Coucoo s’agrandit et compte s’implanter à l’international… Et son système Ultra Bio Ozone avec.

Si le duo d’hôteliers c’est inventé fabriquant de cuves de bains nordiques, il reste avant tout des connaisseurs du quotidien des pros du secteur.

« On travaille avec des cabinets d’architectes et des bassins publics, mais 80 à 90% de nos commandes proviennent de l’hôtellerie : nous sommes nous-mêmes hôteliers, nous connaissons le terrain, les besoins et les difficultés, et ça change tout ».

Villages de cabanes, comme eux, mais aussi campings, gîtes, bassins privatifs pour des suites ou des spas… Et de très belles adresses.

« On a fait une très belle année 2018, notamment grâce à une signature avec l’Eden Roc à Saint Barthélémy qui nous a demandé des cuves sur mesure et d’adapter notre système à leur parc de piscines » se félicite Gaspard de Moustier, qui espère bien toucher d’autres palaces du groupe Oetker Collection, à commencer par le Bristol.

Une jolie carte de visite encore en cours d’installation, et qui devrait être finalisée avant l’ouverture en octobre 2019.


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Juliette PIC
Si mon cœur balance entre Paris et Marseille, j’ai posé mes valises au sein du groupe TourMaG... En savoir plus sur cet auteur

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